07h30, j’avance, j’avance dans ces bouchons quotidiens,
Où les conducteurs jouent de l’accélérateur et du frein.
Je les regarde klaxonner et s’énerver à peine levés,
Fumer leurs angoisses et ronger leur anxiété.

08h30, j’avance, j’avance dans ces rues froides et grises,
Où les gens jouent des coudes pour s’enfoncer dans la méprise.
Je les regarde bougonner, mp3 dans les oreilles, parfaitement isolés,
Fumer leurs peurs et ronger leur lâcheté.

09h00, j’avance, j’avance vers ce travail que j’aime, une satisfaction,
Où les gens ici jouent pour gagner et se donnent avec implication.
Je les regarde orchestrer leurs téléphones et leurs claviers,
Fumer leurs conseils et ronger leur impatience démesurée.

20h00, j’avance, j’avance vers cette plénitude et ce calme,
Où les gens peu à peu disparaissent au profit du Charme.
Je La regarde m’accueillir et me donner ses généreux sourires d’or,
Alors, la fumée s’évapore et le rongeur, jusqu’à demain, s’endort…

 

 

Dans ma poche, j’ai trouvé un vieux poème oublié,
Pour toi, La Femme, jour après jour aimée.
Dans ma poche, j’ai mes rêves de gosse qui m’inondent,
Capitaine galactique, pompier, super héro sauveur du monde.

Dans ma poche, j’entends le bruit des feuilles qui se froissent,
Comme autant de souvenirs de ces longs moments d’angoisse.
Dans ma poche, je garde ce bout de ruban rouge avec ton parfum,
Souvenir du début de notre Histoire que je vois sans fin.

Dans ma poche, je ramasse les miettes qui sont au fond,
Les garde un temps dans ma main avant de les jeter aux pigeons.
Dans ma poche, il y a cette chaleur rassurante et envoutante,
Comme ces moments où nous glissons sur une autre pente.

Dans ma poche, il y a notre univers, notre jardin d’Eden,
Que je protège secrètement, tel un royaume aux mille diadèmes.
Dans ma poche, finalement il y a Toi, remplissant tout l’espace
Et ma main, pour de longs moments encore y aura sa place.